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Les chevaux, le dessin et la peinture

ont pour moi toujours été infiniment liés. Enfant, je galopais comme je dessinais, fougueusement, passionnément. Avec Rica, mon premier cheval, j’ai parcouru la campagne bretonne, chaque jour après l’école.
Echappées solitaires et solaires. Mais elle était aussi le modèle favori de mes premiers croquis. J’avais 8 ans, et je savais déjà que je serais cavalière, ça ne faisait aucun mystère… Après de nombreuses années consacrées au complet, dressage et à l’entraînement de compétition, en Irlande et en Bretagne, j’ai choisi de lever un peu le pied des étriers, pour reprendre mes crayons et mes pinceaux. Et c’est comme un sentiment d’harmonie retrouvée…

 

Lorsque l’on me parle de Samantha,

je revois ses grands cheveux noirs et bouclés danser au rythme effréné d’un galop sauvage…ça virevolte, ça cabriole, ça vit tellement fort… que ça vous saute au visage ! Nous étions trois petites filles du même âge dans notre petite école du bout du monde : Samantha, Marie et moi. Et elle nous fascinait, notre Samie, dans ses folles cavalcades. Elle avait déjà son premier cheval, Rica, dont le souvenir vivace est tout empreint de la joie hallucinée qui se dégageait de leur si belle entente. Après les longues heures fastidieuses sur les bancs de la classe, c’était la délivrance, les courses infinies et exaltantes dans notre campagne bretonne, une allégresse contagieuse qui nous émerveillait.

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Et quand le soleil était couché, sa jument ne la quittait pas…elle griffonnait des croquis, jamais satisfaite, toujours en recherche du profil parfait. Combien d’esquisses tracées, combien de « têtes de Rica » accolées à sa signature au bas de nos lettres d’enfants… Je pourrais à mon tour la redessiner de mémoire, telle un sceau garantissant à perpétuité l’authenticité de ces belles années. Alors bien sûr, la passion a continué, et a grandi avec elle. Il y eut de nouveaux chevaux, et de nouveaux défis : partir vivre en Irlande, à l’aventure, s’initier au dressage dans un cottage. Revenir en France les valises pleines à craquer de délicieux souvenirs et d’un charmant attachement à la country life irlandaise.

Aujourd’hui quand on lui rend visite dans le chaleureux penty du Sent, auprès du poêle à bois, les effluves de thé fumé et d’apple pie se mêlent au parfum de sa joyeuse inspiration artistique. Un tracé caractéristique, une sacrée patte, comme on dit, qui n’était qu’en sommeil. Alors le moment est bientôt venu de convoquer de nouveau son sujet d’inspiration primordial : les chevaux. Le mouvement et le trait se sont affirmés, pourtant je retrouve avec bonheur le style vif et épuré de ses premiers dessins, quand nous n’avions que 10 ans. Voilà que notre cavalière-artiste prend un tournant d’artiste-cavalière, et l’aventure s’avère pleine de riches promesses ! Nous allons nous régaler !

Maud Bosser

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